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Comparatif complet
e lustrage n’est pas une salissure, c’est une déformation. Sous la chaleur et la pression, les fibres de surface s’aplatissent et cessent de diffuser la lumière dans toutes les directions : elles la renvoient comme un miroir, et la zone devient brillante.
Aucun produit ne corrige cela, puisqu’il n’y a rien à retirer. La pattemouille est une prévention, et c’est la seule réponse réelle au problème.
Un second usage est presque toujours ignoré. Un linge humide interposé ne fait pas que protéger : il produit de la vapeur au contact, dans l’épaisseur du tissu, bien plus efficacement que la vapeur du fer. Sur un pli marqué de laine, la pattemouille est l’outil qui fonctionne, même quand le vêtement ne risque rien.
Cette page compare les toiles disponibles en 2026, donne le degré d’humidité par matière et liste les tissus à ne jamais utiliser.
2
fonctions distinctes, écran et vapeur
3
degrés d’humidité selon la matière
0
remède contre un lustrage installé
L’essentiel en 30 secondes
Utilisez un coton blanc ou écru uni, sans impression ni teinture, essoré à la main pour un usage courant. Évitez l’éponge, qui marque son relief, et tout synthétique, qui fond. Soulevez la pattemouille toutes les vingt secondes plutôt que de repasser jusqu’à ce qu’elle soit sèche. Recommandation par défaut en 2026 : une toile de coton fin vendue au mètre, cinq à quinze euros, ou un vieux drap blanc découpé, qui fait exactement le même travail.
Le lustrage, une déformation sans retour
Une surface textile mate doit son aspect à l’orientation désordonnée de ses fibres, qui renvoient la lumière dans toutes les directions. Une surface brillante renvoie au contraire la lumière dans une seule, comme un miroir.
C’est exactement ce que produit une semelle chaude appuyée sur de la laine : les fibres de surface s’écrasent et s’alignent, et la zone prend un aspect luisant qui contraste avec le reste du vêtement.
Le phénomène n’a rien d’une salissure. Il n’y a rien à dissoudre, rien à retirer, et c’est pourquoi aucun produit ne le corrige. Les zones les plus exposées sont toujours les mêmes.
Où le lustrage apparaît
Partout où le tissu est en relief sous la semelle
Plus la couleur est foncée, plus le contraste entre mat et brillant saute aux yeux.
Les deux dernières lignes se combinent souvent sur le même vêtement. Un pantalon de laine sombre porté régulièrement présente déjà un début de polissage aux genoux, et un passage de fer sur l’endroit y ajoute un lustrage franc. Sur cette zone précise, la pattemouille n’est pas un confort, c’est la seule façon de repasser sans aggraver.
Endroit ou envers, la question préalable
Avant même de sortir une pattemouille, une décision s’impose : de quel côté repasser. Le réflexe consiste à travailler sur l’endroit parce qu’on voit le résultat, et c’est souvent le mauvais choix.
Trois cas de figure se présentent, et le premier couvre la majorité des vêtements en laine.
L’envers, chaque fois que c’est possible
Sur l’envers, la semelle ne touche jamais la face visible, et le risque de lustrage disparaît sans aucun accessoire. C’est la règle de base sur les pantalons, les jupes et tout ce qui se retourne facilement. La vapeur traverse l’épaisseur et le résultat sur l’endroit est identique.
L’endroit avec pattemouille, pour les plis nets
Un pli de pantalon ou un revers de veste se forme mieux depuis l’endroit, où vous voyez exactement ce que vous faites. La pattemouille devient alors obligatoire, et l’ensemble donne un résultat que l’envers seul n’atteint pas.
Les pièces qui ne se retournent pas
Une veste doublée, un manteau structuré ou un vêtement à doublure cousue imposent le travail sur l’endroit. La pattemouille n’est plus une option dans ce cas, et elle s’accompagne d’une attention particulière aux surépaisseurs, qui lustrent en premier.
Une remarque pratique sur l’enchaînement : commencez par l’envers pour défroisser l’ensemble, puis terminez sur l’endroit avec la pattemouille pour les finitions et les plis. Cette séquence donne le meilleur résultat, et elle limite le nombre de passages sur la face visible.
Deux fonctions, pas une seule
Presque tout le monde connaît la pattemouille comme un écran de protection. Elle en remplit effectivement le rôle, en interdisant le contact direct entre la semelle et le vêtement.
Sa seconde fonction est moins connue et tout aussi utile. Un linge humide pris entre une semelle chaude et un vêtement se transforme en générateur de vapeur, et cette vapeur naît au contact même du tissu plutôt qu’à quelques millimètres.
Elle pénètre donc bien plus profondément dans l’épaisseur, ce qui change tout sur un pli installé.
- Fonction écran : aucun contact, donc aucun lustrage, aucune fibre fondue, aucune marque de semelle.
- Fonction vapeur de contact : l’humidité traverse le tissu en profondeur au lieu de rester en surface.
- Sur un pli marqué de laine : deux passages suffisent là où dix passages de fer seul échouaient.
- Sur un revers de veste : elle donne un pli net sans l’écraser, ce que la vapeur seule ne permet pas.
- Sur une matière sans risque : elle reste utile pour la seule efficacité de la vapeur.
La dernière ligne est celle qui surprend. Un pantalon de coton épais dont le pli refuse de se former gagne à être traité avec une pattemouille humide, non par prudence mais parce que la vapeur de contact fait le travail en deux passages. L’outil dépasse donc largement le seul cadre des matières délicates à protéger.
Les trois degrés d’humidité
Le mot pattemouille contient l’idée d’humidité, et pourtant elle s’utilise parfois sèche. Trois états correspondent à trois usages distincts, et se tromper produit des résultats très différents.
Le repère pratique est simple : plus le tissu à traiter est épais et résistant, plus la pattemouille peut être humide.
La première ligne étonne souvent, puisqu’une pattemouille sèche semble contredire son nom. Certaines matières marquent durablement au contact de l’eau, la soie en particulier, et l’écran thermique seul reste alors la seule bonne approche possible. La vapeur du fer suffit largement, dans ce cas précis, à apporter l’humidité nécessaire.
Quelle matière pour la pattemouille
La toile doit remplir trois conditions : résister à la chaleur de la semelle, laisser passer la vapeur, et ne rien transmettre au vêtement. Quatre matières les remplissent.
Le coton fin, blanc ou écru
La référence. Il supporte toutes les températures, retient l’eau sans la relâcher d’un coup, et laisse la vapeur traverser. Un vieux drap de coton découpé en carrés de cinquante centimètres fait exactement le travail d’une toile vendue au rayon, à condition qu’il soit uni et sans apprêt.
La mousseline de coton
Plus fine et plus transparente, elle laisse voir le vêtement à travers, ce qui aide beaucoup sur un pli à placer précisément. Sa finesse limite en revanche la réserve d’eau, et elle sèche vite, ce qui oblige à la réhumidifier souvent.
Le lin fin
Excellente tenue à la chaleur et bon comportement à l’humidité. Son grain est plus marqué que celui du coton, ce qui le rend moins adapté aux matières très lisses, sur lesquelles la trame peut laisser une empreinte légère. Réservez-le de préférence aux tissus épais et à la maille lâche.
Les toiles vendues au rayon repassage
Coton traité ou non-tissé technique, souvent vendues avec des repères de découpe et parfois un côté légèrement métallisé qui réfléchit la chaleur. Elles fonctionnent bien et apportent surtout la certitude d’une matière adaptée, sans avoir à vérifier soi-même la composition d’un vieux drap de placard.
Pourquoi ce geste a presque disparu
La pattemouille était un réflexe universel il y a quelques décennies, et elle a quasiment disparu des foyers. Comprendre pourquoi aide à savoir quand elle reste nécessaire.
Trois évolutions expliquent ce recul, et aucune ne supprime totalement le besoin.
- Les semelles ont beaucoup progressé : les revêtements modernes glissent mieux et chauffent plus uniformément.
- La vapeur des appareils s’est renforcée : elle suffit sur bien des matières là où il fallait un linge humide.
- Les garde-robes ont changé : moins de laine et de lin, davantage de coton et de mélanges peu sensibles.
- Les thermostats sont plus fiables : le risque de surchauffe accidentelle a nettement diminué.
- Le repassage lui-même a reculé : moins de pièces traitées, donc moins d’occasions d’apprendre le geste.
Ces évolutions sont réelles et elles expliquent que beaucoup de foyers n’aient jamais eu besoin d’une pattemouille. Le besoin réapparaît intégralement dès qu’une laine, un costume ou un vêtement foncé de valeur entre dans la garde-robe, et c’est généralement à ce moment-là qu’on découvre le lustrage, sur une pièce coûteuse et sans possibilité de retour en arrière.
Le geste vaut donc d’être connu avant d’en avoir besoin. Il ne coûte rien à apprendre, il prend trente secondes de plus par vêtement, et et il évite un défaut définitif qu’aucun produit du commerce ne corrige ensuite.
Les tissus à ne jamais utiliser
Improviser une pattemouille avec ce qui traîne dans un tiroir expose à plusieurs accidents, dont certains sont irréversibles sur le vêtement traité.
Cinq matières reviennent régulièrement et posent chacune un problème différent.
Ce qui ne fait pas une pattemouille
Cinq matières et le dégât correspondant
Le torchon éponge
Il imprime son relief dans le tissu
Les bouclettes créent un gaufrage visible sur une laine, et il faut ensuite tout reprendre.
Le torchon imprimé ou coloré
La teinture migre sur le vêtement
Chaleur et humidité réactivent certains colorants, et la tache est définitive.
La microfibre et les synthétiques
Ils fondent sur la semelle
Vous ajoutez un nettoyage de semelle au problème que vous cherchiez à éviter.
Le papier sulfurisé ou le papier kraft
Il ne laisse pas passer la vapeur
L’écran fonctionne, la vapeur non, et le papier se déchire dès qu’il est humide.
Un tissu neuf non lavé
Ses apprêts se transfèrent
Lavez toute toile neuve avant le premier usage, apprêts et colle d’étiquette compris.
100 %
coton ou lin, jamais de mélange synthétique
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impression, motif ou teinture foncée
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lavage avant le premier usage
Un vieux drap blanc usé fait mieux que la plupart des improvisations de dernière minute.
Le premier cas est le plus fréquent et le moins anticipé. Un torchon éponge paraît idéal parce qu’il retient beaucoup d’eau, et ses bouclettes impriment leur relief dans une laine humide chauffée sous pression. Le gaufrage obtenu s’efface difficilement, et il faut le plus souvent relaver entièrement la pièce pour repartir de zéro.
Le cas de la microfibre ajoute un problème à l’autre : la matière fond sur la semelle et exige ensuite un nettoyage, sujet traité dans notre comparatif des nettoyants pour semelle de fer.
Comparatif : quelle solution en 2026
Trois approches couvrent les besoins réels, et la différence tient plus à la commodité qu’à l’efficacité. Les prix sont des fourchettes constatées.
Le meilleur choix : la toile vendue au mètre
Cinq à quinze euros pour une toile de coton dont la composition est certaine, découpée aux bonnes dimensions et souvent surfilée. Elle se lave avec le linge de maison et dure des années.
Le défaut assumé est qu’elle fait exactement ce qu’un drap usé ferait gratuitement. Second point : la taille unique de certaines références, parfois trop petite pour un revers de veste ou un pantalon, ce qui oblige à multiplier les repositionnements en cours de travail.
Le vieux drap découpé
Gratuit, disponible immédiatement, et parfaitement efficace dès lors qu’il s’agit de coton blanc ou écru uni. Découpez deux formats, un grand pour les vestes et un petit pour les cols et les poignets.
Le défaut assumé est la vérification de composition, les draps contemporains contenant souvent du polyester. Second point : les bords qui s’effilochent au lavage, avec des fils qui se retrouvent sous la semelle. Un point de surfilage ou un ourlet rapide règle ce désagrément.
La semelle de protection rapportée
Une coque qui se clipse sous le fer et supprime tout contact direct. Elle règle le problème du lustrage sans avoir à humidifier et positionner un linge à chaque pièce, ce qui accélère nettement le déroulement d’une séance complète.
Le défaut assumé est l’absence de vapeur de contact, puisqu’aucune humidité n’est ajoutée entre la semelle et le vêtement. Second point : l’ajustement, une semelle universelle mal adaptée bougeant en cours d’usage et perdant en efficacité de glisse.
Dix critères classés par impact
Classement du plus déterminant au moins utile. Les principes généraux figurent dans notre guide des accessoires de soin du linge.
1. La composition, coton ou lin pur
Aucun synthétique, même en faible proportion dans un mélange. Une fibre qui fond transforme un geste de protection en dégât sur la semelle et sur le vêtement, et les mélanges contemporains sont très fréquents.
2. La couleur, blanc ou écru uni
Chaleur et humidité réactivent certains colorants, qui migrent alors sur le vêtement traité. Une tache de teinture sur une laine claire ne part pas, et le risque ne vaut jamais le fait d’utiliser un torchon coloré qui traînait.
3. La surface lisse, sans relief
Une trame marquée ou des bouclettes s’impriment dans le tissu sous la pression et la chaleur. Le gaufrage obtenu est long à rattraper, et il concerne en priorité les laines et les matières souples.
4. Les dimensions
Un format de cinquante centimètres de côté couvre un revers de veste ou une jambe de pantalon sans repositionnement. Trop petite, la toile oblige à des déplacements constants, et chaque déplacement expose une zone au contact direct.
5. L’épaisseur
Un tissu fin laisse mieux passer la chaleur et la vapeur, un tissu épais protège davantage mais ralentit le travail. Le coton de drap, ni fin ni épais, constitue le compromis qui convient à presque tous les cas rencontrés.
6. L’absence d’apprêts
Une toile neuve sort d’usine avec des agents de finition qui se transfèrent à la chaleur. Un lavage avant le premier usage les élimine, et ce geste vaut aussi pour une toile achetée au rayon repassage.
7. La transparence
Voir le vêtement à travers la toile aide énormément à placer un pli ou à traiter une couture précise. La mousseline l’emporte sur ce critère, au prix d’une réserve d’eau plus faible.
8. La finition des bords
Des bords surfilés évitent les fils qui s’échappent et se retrouvent sous la semelle en cours de passage. Un ourlet fait en dix minutes sur un drap découpé règle la question pour des années.
9. La facilité de rangement
Une toile rangée loin du poste ne sert jamais. Pliez-la avec la housse de la table ou accrochez-la à côté, de façon à ce que le geste devienne naturel au fil des séances plutôt qu’exceptionnel.
10. Le prix
Entre zéro et quinze euros pour un objet qui dure des années, ce critère n’a pratiquement aucune importance. Il arrive donc en dernier, et la version gratuite fonctionne aussi bien que la version achetée.
Quand l’utiliser, matière par matière
Toutes les matières ne réclament pas le même traitement, et certaines se passent très bien de pattemouille. Le tableau ci-dessous donne la conduite à tenir.
La ligne du velours mérite une précision, parce qu’elle diffère de toutes les autres. Sur cette matière, la pattemouille ne suffit pas : c’est la pression elle-même qui écrase le poil, même à travers un linge. Le velours se traite à la vapeur verticale, sans aucun contact, ou bien sur une planche à velours spécifique, dont les fines aiguilles maintiennent le poil dressé pendant le passage.
Le geste, étape par étape
La technique compte autant que le choix de la toile, et une erreur revient chez presque tout le monde : repasser jusqu’à ce que la pattemouille soit sèche.
Utiliser une pattemouille
Cinq gestes, dont un que personne ne fait
Une pattemouille sèche ne protège plus que de la chaleur, sans apporter de vapeur.
Le troisième point distingue la pattemouille du repassage ordinaire. On ne fait pas glisser le fer sur la toile comme sur un vêtement : on presse quelques secondes, on lève, on décale, et on recommence. Ce mouvement vertical évite d’étirer la matière et de créer des déformations sur une laine humide, particulièrement souple et déformable à ce moment précis.
Le quatrième point sert de garde-fou. Soulever régulièrement permet de voir si le pli se forme, si la matière change d’aspect, et d’arrêter avant tout dégât. C’est aussi le moment de vérifier que la vapeur traverse bien, le tissu devant être chaud et humide au toucher.
Un point de vigilance concerne la vapeur du fer pendant cette opération. Une pattemouille amplifie tout défaut de l’appareil : une goutte d’eau projetée traverse le linge humide et marque le vêtement, et une particule de calcaire fait la même chose. Sur des pièces de valeur, vérifiez l’état de l’appareil avant de commencer, en particulier si vous avez déjà constaté des projections, sujet traité dans notre page sur un fer à repasser qui crache de l’eau.
La semelle de protection rapportée
Cette alternative mérite d’être examinée sérieusement, parce qu’elle change la nature du geste. Une coque se clipse sous le fer et supprime tout contact direct, sans qu’aucun linge ne soit à positionner.
Sur une séance qui enchaîne plusieurs pièces de laine, le gain de temps est considérable. Reste à savoir ce qu’on perd en échange.
- Elle supprime le lustrage : la fonction écran est parfaitement remplie, sur toute la surface.
- Elle n’apporte aucune vapeur de contact : seule la vapeur du fer traverse, comme sans elle.
- Elle modifie la glisse : plus ou moins agréable selon le modèle et selon la matière traitée.
- Elle réduit un peu la température transmise : ce qui oblige parfois à monter d’un cran.
- Elle doit être ajustée à votre semelle : un modèle universel mal fixé bouge en cours d’usage.
Les deux dispositifs ne s’opposent donc pas, ils se complètent. La semelle rapportée convient parfaitement au travail courant sur des matières sensibles, et la pattemouille garde l’avantage dès qu’un pli résiste et réclame de la vapeur en profondeur. Beaucoup de personnes qui repassent régulièrement de la laine finissent d’ailleurs par posséder les deux.
La planche à manches et les petites surfaces
Certaines zones se prêtent mal à la pattemouille faute de support. Une manche, une emmanchure ou une épaule posées à plat sur la table se retrouvent avec un pli de repassage là où le vêtement n’en comporte aucun.
Une jeannette, ce petit bras rembourré qui se pose sur la table, résout le problème en présentant une surface cylindrique. La pattemouille s’y utilise normalement, avec une toile de petit format plus maniable. Un rouleau de serviette bien serré dépanne correctement si vous n’en possédez pas.
Sur les épaules d’une veste, même logique : posez le vêtement sur un support arrondi plutôt qu’à plat, et travaillez par pressions verticales à travers la toile. La forme de l’épaule est construite par le montage du vêtement, et un passage à plat l’écrase durablement, ce qui se voit dès le premier port.
Rattraper un lustrage existant
Puisqu’il s’agit d’une déformation et non d’une salissure, la seule voie consiste à redresser les fibres écrasées. Le résultat est partiel, et il dépend beaucoup de l’ancienneté du défaut.
Un lustrage récent sur une laine épaisse s’atténue nettement. Un lustrage ancien sur une gabardine fine ne bougera pratiquement pas.
La méthode vapeur et brossage
Exposez la zone à un jet de vapeur sans aucun contact, verticalement, jusqu’à ce que le tissu soit bien humide et chaud. Brossez ensuite à contre-sens avec une brosse à vêtements souple, pour redresser les fibres pendant qu’elles sont détendues. Laissez sécher à plat sans rien poser dessus.
Ce qu’il ne faut pas faire
Frotter à sec avec un tissu abrasif, gratter à l’ongle ou repasser plus fort dans l’espoir d’uniformiser. Ces trois gestes aggravent la zone au lieu de la corriger, et le troisième étend le lustrage au reste du vêtement.
Quand passer par un professionnel
Sur un costume, un manteau de valeur ou une pièce structurée, un teinturier dispose de presses et de techniques de défroissage qui obtiennent davantage. Le coût se justifie sur un vêtement coûteux, et il vaut mieux y recourir avant d’avoir tenté trois méthodes maison qui auront fini par fixer le défaut définitivement.
Entretien et durée de vie
Une toile de coton bien traitée dure une dizaine d’années. Le principal facteur de vieillissement est le transfert de résidus, qui la rend progressivement contre-productive.
La dernière ligne décrit le vrai signal de fin de vie. Une toile utilisée longtemps accumule les apprêts textiles qu’elle a interceptés, exactement comme une semelle, et elle finit par les restituer sur les vêtements traités. Un jaunissement uniforme qui ne part plus au lavage signifie qu’elle est saturée, et une toile de remplacement coûte quelques euros, quand elle ne coûte rien du tout.
Huit erreurs à éviter
- Utiliser un torchon éponge : ses bouclettes impriment un gaufrage dans la laine.
- Prendre un linge coloré ou imprimé : la teinture migre sur le vêtement humide et chauffé.
- Improviser avec une microfibre : elle fond sur la semelle et vous laisse deux problèmes.
- Repasser jusqu’au séchage de la toile : le vêtement cuit en dessous sans que vous le voyiez.
- Faire glisser le fer comme d’habitude : on presse, on lève, on décale, sans étirer la matière.
- Laisser un pli dans la toile : il se marque dans le vêtement traité.
- Mouiller une pattemouille pour de la soie : l’eau y laisse des marques durables.
- Utiliser une toile neuve sans la laver : ses apprêts se transfèrent dès le premier passage.
Une neuvième erreur revient souvent, par confusion entre les deux fonctions. Poser une pattemouille sèche sur une laine et attendre qu’un pli se forme ne fonctionne pas : sans humidité, il n’y a pas de vapeur de contact, et la protection thermique ne suffit pas à marquer un pli. Sur la laine, l’humidité fait la moitié du travail.
Verdict : quelle solution en 2026
Trois profils couvrent les situations réelles, et dans les trois la matière de la toile compte plus que son prix.
Repassage occasionnel de laine
Un carré de vieux drap de coton blanc uni, découpé à cinquante centimètres de côté et ourlé en dix minutes. Il fait exactement le travail d’une toile achetée, pour rien, à condition de vérifier qu’il ne contient pas de polyester.
Garde-robe de laine et de costumes
Une toile de repassage vendue au mètre, cinq à quinze euros, doublée d’une mousseline pour les zones précises où voir à travers aide. L’ensemble tient dans un tiroir et dure une décennie.
Séances longues et répétitives
La semelle de protection rapportée, dix à vingt-cinq euros, fait gagner un temps réel sur une série de pièces sensibles. Gardez une toile à côté pour les plis qui résistent, puisqu’elle n’apporte aucune vapeur de contact.
Ce qu’une pattemouille ne fait pas
Elle ne rattrape pas un lustrage installé, qui est une déformation des fibres et non un dépôt.
Elle ne protège pas un velours, dont le poil s’écrase sous la pression même à travers un linge.
Avant d’acheter quoi que ce soit en 2026, ouvrez votre placard à linge et cherchez un vieux drap de coton blanc. S’il n’est pas mélangé de polyester, vous possédez déjà ce dont vous avez besoin, et la seule opération à prévoir est un coup de ciseaux suivi d’un lavage.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une pattemouille exactement ?
Un linge de coton ou de lin interposé entre la semelle du fer et le vêtement. Il remplit deux fonctions : un écran thermique qui empêche le lustrage, et un générateur de vapeur de contact quand il est humide, qui fait pénétrer l’humidité dans l’épaisseur du tissu.
Peut-on utiliser un torchon comme pattemouille ?
Seulement s’il est en coton blanc ou écru uni, sans relief. Un torchon éponge imprime ses bouclettes dans la laine, un torchon imprimé transfère sa teinture, et une microfibre fond sur la semelle. Un vieux drap de coton découpé constitue le meilleur choix improvisé.
Faut-il la mouiller ou la laisser sèche ?
Essorée à la main pour l’usage courant sur laine et lin, légèrement vaporisée pour la viscose et les mélanges fins, et complètement sèche pour la soie, que l’eau marque durablement. Plus le tissu à traiter est épais et résistant, plus la pattemouille peut être humide.
Comment enlever le lustrage d’un vêtement ?
Le lustrage est une déformation des fibres écrasées, pas une salissure, donc aucun produit ne l’efface. Une exposition à la vapeur sans contact suivie d’un brossage à contre-sens redresse partiellement les fibres. Un défaut récent sur laine épaisse s’atténue nettement, un défaut ancien sur gabardine fine ne bouge pratiquement pas.
Sur quelles matières est-elle indispensable ?
La laine, le cachemire et le lin foncé la réclament systématiquement, la soie et la viscose avec un degré d’humidité adapté. Elle est facultative sur le coton clair, où elle sert alors à former un pli récalcitrant plutôt qu’à protéger. Le velours, lui, ne supporte aucun contact, même à travers un linge.
Faut-il repasser jusqu’à ce qu’elle soit sèche ?
Non, c’est l’erreur la plus répandue : le vêtement cuit en dessous sans que vous le voyiez. Soulevez la toile toutes les vingt secondes environ pour contrôler l’état du tissu, vérifier que le pli se forme et arrêter avant tout dégât. Une toile sèche ne protège plus que de la chaleur.
Une semelle de protection remplace-t-elle la pattemouille ?
Pour la fonction écran, oui, et elle fait gagner beaucoup de temps sur une série de pièces. Elle n’apporte en revanche aucune vapeur de contact, puisqu’aucune humidité n’est ajoutée entre la semelle et le vêtement. Sur un pli qui résiste, la pattemouille garde l’avantage.
À quelle fréquence la laver ?
Toutes les cinq à dix utilisations, avec le linge de maison, et systématiquement avant le premier usage pour éliminer les apprêts d’usine. Faites-la sécher à plat et dépliée après chaque séance. Quand elle jaunit uniformément et que le lavage n’y fait plus rien, elle est saturée et se remplace.
Comment repasser un pantalon de laine sans le lustrer ?
Pattemouille de coton essorée à la main, fer réglé sur la laine, et un mouvement vertical plutôt que glissé : on presse quelques secondes, on lève, on décale. Traitez d’abord l’envers, puis l’endroit à travers la toile, en insistant sur les genoux, déjà polis par le port.
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