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Diagnostic
ne semelle parfaitement propre peut accrocher, et c’est même la situation la plus déconcertante : vous venez de la nettoyer, elle brille, et le fer freine toujours sur le tissu.
Le réflexe consiste à recommencer le nettoyage, plus fort, avec un produit plus agressif. C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, parce que dans deux cas sur trois le problème ne vient pas d’un dépôt.
Trois familles de causes existent : un encrassement, un défaut de la surface elle-même, ou le tissu et les conditions de travail. Seule la première se nettoie, et un test de trente secondes permet de savoir laquelle vous concerne.
Cette page donne la méthode de localisation, le protocole de diagnostic et les cas où l’appareil n’est pas en cause en 2026.
3
familles de causes, une seule se nettoie
4
localisations qui désignent chacune une origine
30 s
pour savoir si le fer est vraiment en cause
L’essentiel en 30 secondes
Avant de nettoyer, changez de vêtement : si le fer glisse sur un autre tissu, l’appareil n’est pas en cause. Passez ensuite la pulpe du doigt sur la semelle froide, et notez où ça accroche. Un film uniforme désigne un dépôt d’apprêts, une zone localisée une fibre fondue, un point sur un bord une rayure. Un accrochage qui n’apparaît qu’à haute température signale un revêtement dégradé, et celui-là ne se rattrape pas. En 2026, commencez toujours par le test avant d’acheter un produit.
Le test qui désigne le coupable
La première question à trancher n’est pas de savoir quel produit acheter, mais de savoir si le fer est réellement en cause. Cette vérification prend trente secondes et elle épargne souvent tout le reste.
Posez le vêtement de côté et passez le fer sur un autre tissu, si possible un coton lavé plusieurs fois et légèrement humide.
Le fer ou le tissu
Un changement de vêtement, trente secondes
Il glisse sur l’autre tissu
Le fer n’est pas en cause
Le problème vient du vêtement : matière, apprêts de neuf, amidon, ou température inadaptée.
Il accroche partout, de la même façon
Un film couvre la semelle
Encrassement progressif par les apprêts textiles, ou résidu de produit mal rincé.
Il accroche par endroits
Un dépôt localisé ou une aspérité
Fibre fondue collée, ou rayure qui tire les fibres à chaque passage.
Il accroche seulement à haute température
Le revêtement se dégrade
Le seul cas des quatre qui ne se corrige pas, quel que soit le produit employé.
Faire ce test avant d’acheter un produit évite une dépense dans un cas sur deux.
Le premier résultat est le plus fréquent et le plus mal interprété. Un vêtement neuf sort d’usine chargé d’agents de finition qui rendent le tissu rêche sous la semelle, et un premier lavage suffit généralement à régler la question. Tant que ces apprêts sont présents, aucun nettoyage du fer ne changera quoi que ce soit.
Ce qui fait glisser un fer
Comprendre le mécanisme de la glisse rend la plupart des symptômes évidents, et il repose sur trois éléments qui agissent ensemble plutôt que sur la seule qualité de la semelle.
Quand l’un des trois manque, le fer freine.
La deuxième ligne explique pourquoi la vapeur améliore tant le confort de travail, au-delà de son effet sur les plis. La fine couche de vapeur qui s’échappe entre la semelle et le tissu constitue une séparation qui réduit considérablement le frottement. Couper la vapeur revient à supprimer cette couche, et la différence se ressent immédiatement dans le bras.
Cette lecture en trois éléments donne aussi l’ordre d’exploration du problème. La semelle est l’élément que l’on regarde en premier, alors qu’elle n’est qu’un des trois, et le film de vapeur comme la tenue du tissu se vérifient bien plus rapidement.
Localiser l’accrochage
Si le fer est bien en cause, l’endroit précis où il freine désigne l’origine du défaut. Passez la pulpe de l’index sur toute la semelle froide et débranchée, sans rien omettre.
Quatre localisations reviennent, et elles n’appellent pas la même réponse.
Les trois premières lignes se traitent, les deux dernières non. Cette distinction évite de s’acharner sur un défaut irréversible avec des produits de plus en plus agressifs, ce qui ne fait qu’aggraver l’état de la surface. Les méthodes de nettoyage adaptées à chaque revêtement figurent dans notre comparatif des nettoyants pour semelle de fer.
Première famille, le dépôt
C’est la cause la plus connue et celle qu’on suppose toujours en premier. Elle représente environ un tiers des cas, ce qui est beaucoup, sans être la majorité.
Trois dépôts différents s’installent sur une semelle, et ils ne produisent pas le même toucher.
Le film d’apprêts textiles
Le plus courant, et le plus discret. Chaque tissu dépose une trace infime d’agents de finition qui s’accumule sur des centaines de passages. Le toucher devient légèrement collant, la teinte tire vers le brun, et l’accrochage est uniforme sur toute la surface. Un nettoyage à froid le retire entièrement.
La fibre synthétique fondue
Une température trop élevée sur un polyester ou un acrylique laisse une pellicule collée, souvent visible et toujours localisée. Elle s’étale ensuite sur les passages suivants et contamine des zones voisines. Le traitement passe par le froid, qui durcit la matière, puis par un décollement avec un objet en bois.
L’amidon cuit
Un dépôt blanchâtre qui devient collant à chaud, très fréquent chez ceux qui amidonnent toute la surface d’un vêtement plutôt que les seuls cols. Il se dissout facilement à l’eau tiède, ce qui en fait le plus bénin des trois, à condition d’y penser.
Le résidu de produit de nettoyage
Cause paradoxale et pourtant fréquente : une crème mal rincée laisse un film qui accroche autant que le dépôt qu’elle a retiré. C’est l’explication la plus courante d’une semelle qui accroche davantage après nettoyage qu’avant, et deux passages de chiffon humide règlent la question.
Deuxième famille, la surface
Cette fois, la semelle est propre et le problème vient de sa matière même. Aucun produit n’y peut rien, et il vaut mieux le savoir tôt que tard.
Trois défauts irréversibles se rencontrent, avec des origines différentes.
- La rayure : elle crée une arête qui tire les fibres à chaque passage, souvent née d’un nettoyage abrasif.
- L’éclat de céramique : un choc contre un coin de table ou une fermeture éclair suffit, et l’aspérité est définitive.
- Le revêtement antiadhésif décollé : il part par plaques et laisse des bords coupants pour le tissu.
- La corrosion de l’aluminium : un produit acide sur un métal nu le ternit et le pique durablement.
- La déformation par surchauffe : rare, mais une semelle voilée n’appuie plus uniformément.
La première ligne mérite d’être soulignée, parce qu’elle est presque toujours auto-infligée. Une éponge grattante, un tampon métallique ou un couteau employés pour retirer un dépôt tenace laissent un réseau de micro-rayures qui accrochera désormais tous les tissus. Le remède devient alors pire que le mal, et c’est la raison pour laquelle la règle du produit le plus doux d’abord compte autant.
La quatrième ligne concerne les appareils anciens à semelle en aluminium nu, que le vinaigre blanc attaque. C’est un cas où un conseil d’entretien largement répandu produit exactement le défaut qu’il prétendait corriger.
Troisième famille, le tissu
Cette famille explique une bonne part des cas où le nettoyage ne change rien, et elle est presque toujours ignorée. Le fer est propre et en bon état, et il freine quand même.
Cinq situations produisent cet effet, toutes liées au vêtement ou aux conditions de travail.
La deuxième ligne est probablement la cause la plus banale de toutes. Un tissu parfaitement sec offre une résistance nettement supérieure à un tissu légèrement humide, et un fer sans vapeur sur du linge sec donne immédiatement cette sensation de freinage. Une vaporisation légère transforme la séance sans rien changer à l’appareil.
La troisième ligne mérite d’être prise au sérieux, parce qu’elle annonce un dégât imminent. Une semelle qui freine sur un synthétique signale que la fibre ramollit au contact, et le passage suivant produira une trace brillante ou une matière fondue. C’est un signal d’alerte plutôt qu’une gêne, et il faut baisser la température sans attendre.
Les matières qui freinent par nature
Certaines fibres opposent une résistance au passage sans que rien ne soit défectueux, et confondre cette résistance normale avec un défaut conduit à nettoyer indéfiniment une semelle qui n’a rien.
Cinq cas reviennent régulièrement.
- Le lin épais et les coutils : leur grain marqué accroche naturellement, la vapeur compense en partie.
- Les toiles enduites et déperlantes : leur traitement de surface adhère au métal chaud.
- Les velours et les matières à poil : le poil s’oppose au mouvement dans un sens et se couche dans l’autre.
- Les tricots épais en laine : la structure irrégulière offre une résistance variable au passage.
- Les tissus fraîchement amidonnés : tant que le produit n’a pas séché, il colle légèrement.
La deuxième ligne pose un problème réel sur les vêtements de pluie. Un traitement déperlant supporte mal la chaleur et adhère à la semelle, ce qui donne une sensation d’accrochage franche et laisse parfois un résidu sur le fer. Ces pièces se repassent à basse température, avec une pattemouille, ou pas du tout selon ce que dit l’étiquette.
La cinquième ligne explique un phénomène très courant. Un amidon vaporisé et immédiatement repassé colle sous la semelle, alors que le même produit laissé pénétrer deux minutes ne pose aucun problème. Le geste consiste à amidonner la pièce suivante pendant que vous traitez la précédente.
Ce que le bruit vous dit
Un indice gratuit et immédiat passe presque toujours inaperçu : le son que produit le fer en glissant. Tout le monde l’entend sans y prêter attention, et il renseigne mieux qu’un examen visuel.
Trois sonorités correspondent à trois états différents.
Écouter la semelle
Trois sons, trois états
Un chuintement régulier
Tout va bien
La vapeur traverse le tissu et la semelle glisse sur un film d’humidité. C’est le son de référence.
Un crissement sec
Frottement à sec
Le tissu manque d’humidité, ou la vapeur ne sort pas. Le fer n’est pas en cause.
Un son de collé-décollé
Un dépôt sur la semelle
La surface adhère puis se libère par à-coups. Ce son désigne un film à retirer.
0 €
le coût de ce diagnostic
2
passages suffisent pour entendre la différence
1
son de référence à mémoriser
Repassez deux minutes sur un vieux torchon humide pour mémoriser le son normal.
Le troisième son est le plus utile à reconnaître, parce qu’il précède de plusieurs semaines l’apparition des traces brunes sur le linge clair. Un fer qui commence à faire ce bruit de collé-décollé réclame un nettoyage, à un moment où celui-ci reste facile et où aucun vêtement n’a encore été marqué.
L’accrochage qui n’apparaît qu’à chaud
Un cas particulier mérite d’être isolé, parce qu’il est très reconnaissable et sans remède. La semelle est parfaitement lisse au toucher à froid, et elle devient collante une fois montée en température.
Deux explications existent, avec des conséquences très différentes.
Le revêtement qui se dégrade
Certains revêtements antiadhésifs perdent leurs propriétés avec les années, et le phénomène ne se manifeste qu’à la température de travail. À froid, tout paraît normal. À chaud, la surface devient adhérente et le fer freine sur toutes les matières. C’est une fin de vie de la semelle, et aucun produit ne restaure un revêtement altéré.
Le dépôt invisible à froid
Un film très fin d’amidon ou d’apprêts peut rester imperceptible au doigt à température ambiante et devenir collant à chaud. Celui-là se retire, et un nettoyage soigné tranche entre les deux hypothèses : si le comportement à chaud reste identique après un nettoyage complet et bien rincé, il s’agit du revêtement.
Vivre avec une semelle en fin de vie
Une semelle de protection rapportée prolonge l’usage de quelques mois, et une pattemouille supprime entièrement le contact direct. Ces deux solutions permettent d’attendre un remplacement sans abîmer de vêtement, méthodes détaillées dans notre page consacrée à la pattemouille et aux toiles de repassage.
Un appareil neuf qui accroche
La situation déroute, et elle a le plus souvent une explication simple qui n’a rien à voir avec un défaut de fabrication.
Trois causes se partagent la quasi-totalité des cas.
Le film de protection resté en place
Beaucoup de fers sortent d’usine avec un film adhésif transparent sur la semelle, destiné à la protéger pendant le transport. Il se voit mal sur une surface brillante, et il fond au premier usage en laissant un résidu collant. Vérifiez la semelle avant le premier branchement, en cherchant un bord soulevé à l’ongle.
Les résidus de fabrication
Huiles de démoulage et poussières d’usinage subsistent parfois sur une semelle neuve. La plupart des notices prévoient un premier usage sur un vieux linge, précisément pour les évacuer. Un nettoyage à froid avant le premier vêtement de valeur ne coûte rien et évite une mauvaise surprise.
Une attente qui ne correspond pas à l’appareil
Un fer d’entrée de gamme à semelle en inox glisse moins bien qu’une céramique, et cette différence se ressent dès les premiers passages. Ce n’est pas un défaut mais une caractéristique de la matière, et aucun nettoyage ne la modifiera.
Si aucune de ces trois hypothèses ne correspond et que le protocole complet ne donne rien, il s’agit alors d’un défaut couvert par la garantie. Décrivez précisément le comportement, conservez l’emballage si possible, et n’appliquez aucun produit abrasif qui compromettrait la prise en charge.
Quand la table est en cause
Une cause échappe complètement au raisonnement habituel, parce qu’elle se situe sous le vêtement plutôt qu’au-dessus. La surface de travail participe directement à la glisse.
Trois défauts du poste produisent une sensation d’accrochage.
- Une housse froissée ou mal tendue : ses plis créent des reliefs sur lesquels la semelle butte.
- Un garnissage tassé : le tissu n’est plus soutenu et se déforme devant le fer au lieu de rester tendu.
- Une housse encrassée : elle transfère son dépôt sur la face inférieure du vêtement, qui colle à son tour.
- Un plateau nu sans garnissage : le tissu adhère directement au métal et résiste au mouvement.
- Une table instable : elle absorbe la poussée et donne l’impression que le fer freine.
Le premier point se vérifie en dix secondes et se corrige tout aussi vite. Une housse qui a pris du jeu forme des plis au centre de la table, exactement là où l’on repasse le plus, et chaque pli constitue un obstacle. Retendre la housse par son cordon ou ses pinces suffit le plus souvent.
Le dernier point est une cause purement mécanique et pourtant très réelle. Une table qui recule ou qui vibre sous la poussée du fer absorbe une partie du mouvement, et l’utilisateur interprète cette résistance comme un défaut de glisse alors qu’elle vient en réalité du meuble sur lequel il travaille.
Quand faut-il s’inquiéter
Toute résistance au passage n’est pas un problème, et certaines matières freinent par nature sans que rien ne soit défectueux. Distinguer le normal de l’anormal évite les traitements inutiles.
Voici où passe la frontière.
Normal
Une légère résistance sur du lin épais, sur un coutil ou sur une toile à grain marqué. Une résistance sur un tissu parfaitement sec sans vapeur. Un freinage sur un vêtement neuf jamais lavé. Ces trois situations tiennent au tissu et disparaissent en changeant de pièce.
À surveiller
Un son de collé-décollé qui apparaît progressivement, une teinte de semelle qui vire au brun, un freinage qui s’installe sur toutes les matières. Ces signes annoncent un encrassement en formation, à traiter par un nettoyage avant que des traces n’apparaissent sur le linge.
À traiter sans attendre
Une matière visiblement collée sur la semelle, un freinage brutal sur une zone précise, des traces déposées sur du linge clair. Chaque passage supplémentaire étale le dépôt et marque un vêtement de plus.
Un cas mérite d’être isolé : un freinage soudain, apparu d’un vêtement à l’autre alors que tout allait bien. Il désigne presque toujours une matière qui vient de fondre au passage précédent, et le geste consiste à s’arrêter immédiatement pour vérifier la semelle plutôt qu’à continuer en espérant que cela passe.
Le protocole de diagnostic
Voici la séquence complète, du gratuit au coûteux et du réversible à l’irréversible. Elle demande un quart d’heure et elle évite, en 2026 comme les autres années, d’acheter un produit inutile ou un appareil neuf.
Un quart d’heure de diagnostic
Six étapes, dans cet ordre précis
Les trois premières étapes ne coûtent rien et règlent une bonne moitié des situations.
L’ordre compte autant que les étapes elles-mêmes. Nettoyer en premier, comme le réflexe y pousse, revient à traiter la cause qui n’arrive qu’en quatrième position par ordre de fréquence, et à s’exposer au risque d’abîmer une surface qui n’avait rien.
Accrochage et traces brunes
Les deux symptômes vont souvent ensemble et n’ont pourtant pas toujours la même origine. Les distinguer aide à savoir si l’on traite un problème ou deux.
Quatre combinaisons se rencontrent, et chacune oriente vers un diagnostic précis.
Les deux lignes centrales renvoient à un problème qui ne concerne pas du tout la semelle. Des traces sans accrochage viennent de l’intérieur de l’appareil, et nettoyer la surface extérieure n’y changera rien, sujet traité dans notre page sur un fer à repasser qui crache de l’eau.
Les cas sans retour
Savoir reconnaître un défaut définitif évite deux erreurs coûteuses : acharner des produits agressifs sur une surface déjà entamée, et remplacer un appareil qui n’avait qu’un film à retirer.
Trois situations ne se rattrapent pas, et une quatrième mérite une nuance.
Une rayure franche
L’arête formée tire les fibres à chaque passage et ne disparaîtra pas. Sur une semelle en inox, un polissage très doux atténue l’aspect sans supprimer l’arête. Sur une céramique ou un antiadhésif, aucune intervention n’est possible.
Un revêtement décollé
Les bords de la zone décollée sont coupants pour le tissu, et la partie exposée n’a plus les propriétés de glisse du revêtement d’origine. Aucun produit ne recolle une couche de ce type, et le phénomène progresse ensuite à chaque usage.
Un aluminium corrodé
Un métal nu attaqué par un produit acide présente une surface piquée, microscopiquement rugueuse. L’aspect terne ne revient pas, et chaque piqûre constitue un point d’accroche. Ce cas concerne surtout les appareils anciens nettoyés au vinaigre blanc.
Le cas nuancé du dépôt très ancien
Un film d’apprêts accumulé pendant des années et cuit à répétition finit par former une couche dure qui résiste aux nettoyages doux. Il n’est pas irréversible au sens strict, et il demande plusieurs opérations successives espacées plutôt qu’une seule très agressive, qui finirait par rayer irrémédiablement la surface.
Réparer un vêtement marqué
Quand l’accrochage a laissé une trace, la suite dépend de ce qui s’est passé. Trois marques différentes se rencontrent, avec des issues très inégales.
Une trace brune déposée par un dépôt de semelle part généralement au lavage, parfois après un prétraitement. Elle se trouve en surface du tissu et n’a pas pénétré la fibre, ce qui rend ce cas plutôt favorable malgré son aspect inquiétant.
Un lustrage, cette zone devenue brillante sous la pression, est une déformation des fibres et non un dépôt. La vapeur sans contact suivie d’un brossage à contre-sens l’atténue partiellement, sans jamais l’effacer totalement.
Une fibre fondue est le cas le plus sérieux : la matière du vêtement a changé d’état, et la zone durcie ou brillante ne reviendra pas. Sur un endroit peu visible, l’affaire est sans conséquence ; sur un devant de chemise, la pièce est perdue pour un usage habillé.
Éviter que cela revienne
Quelques habitudes suppriment durablement l’encrassement et écartent les causes accidentelles. Elles portent sur la façon de repasser et sur le rangement de l’appareil.
La dernière ligne est celle qui provoque le plus d’éclats sur les semelles en céramique. Un bouton métallique, un rivet de jean ou le curseur d’une fermeture éclair heurté à pleine vitesse suffisent à créer une aspérité définitive. Passer autour plutôt que par-dessus demande une seconde d’attention par vêtement.
La quatrième ligne concerne un accident de rangement très courant. Un fer posé à plat dans un placard, semelle contre une étagère ou contre un autre objet, prend des marques qui n’apparaissent qu’au prochain usage. Le talon de l’appareil existe précisément pour cela, y compris en dehors des séances de repassage.
L’ensemble des gestes d’entretien du matériel de repassage est rassemblé dans notre guide des accessoires de soin du linge, qui situe chaque produit par rapport au symptôme qu’il traite réellement.
Le cas du défroisseur vertical
Ces appareils n’ont pas de semelle au sens propre, et pourtant la question se pose sur les modèles équipés d’une plaque chauffante destinée à tendre le tissu pendant le passage de vapeur.
Cette plaque s’encrasse exactement comme une semelle et produit les mêmes symptômes : un freinage sur le tissu, puis des traces. Elle se nettoie de la même façon, à froid et avec un produit compatible avec son revêtement, en respectant la même règle du plus doux d’abord.
Sur les modèles sans plaque, le problème se déplace vers la brosse à tissu. Chargée de fibres au fil des usages, elle accroche progressivement et redépose des peluches sur les vêtements sombres. Un rinçage à l’eau tiède et un séchage complet avant remontage suffisent à lui rendre son comportement d’origine.
Huit erreurs à éviter
- Nettoyer avant d’avoir changé de vêtement : le tissu est en cause dans un cas sur trois.
- Monter en agressivité quand le doux ne suffit pas : vous rayez une surface qui n’avait qu’un film.
- Bâcler le rinçage après un nettoyage : le résidu de produit accroche autant que le dépôt retiré.
- Repasser un vêtement neuf sans l’avoir lavé : ses apprêts freinent et se déposent sur la semelle.
- Insister sur une semelle rayée : l’arête ne partira pas, et la zone se dégrade davantage.
- Ignorer le son de collé-décollé : il précède de plusieurs semaines les traces sur le linge clair.
- Repasser sur les boutons et les fermetures : un seul choc crée un éclat définitif.
- Chercher la cause dans le fer quand la table est en jeu : une housse froissée suffit à tout expliquer.
Une neuvième erreur revient très souvent : remplacer l’appareil sans avoir identifié la cause. Un fer neuf posé sur la même table à housse froissée, utilisé sur les mêmes vêtements neufs jamais lavés et aux mêmes réglages de température donnera exactement la même sensation en quelques semaines. Les trois premières étapes du protocole coûtent un quart d’heure et zéro euro.
En résumé, une semelle qui accroche désigne trois fois sur quatre autre chose qu’un encrassement. Avant d’acheter quoi que ce soit en 2026, changez de vêtement, vaporisez le tissu et retendez la housse de votre table : ces trois gestes gratuits règlent une bonne moitié des situations, et ils vous diront en quelques minutes si un produit est réellement nécessaire chez vous.
Questions fréquentes
Pourquoi ma semelle accroche-t-elle sur le tissu ?
Trois familles de causes existent : un dépôt sur la semelle, un défaut de la surface elle-même, ou le tissu et les conditions de travail. Seule la première se nettoie. Commencez par changer de vêtement : si le fer glisse sur un autre tissu, l’appareil n’est pas en cause et le problème vient du vêtement.
Ma semelle est propre et elle accroche quand même
C’est la situation la plus fréquente après un nettoyage. Vérifiez d’abord le rinçage, un résidu de crème accrochant autant que le dépôt retiré. Explorez ensuite la surface au doigt à la recherche d’une rayure ou d’un éclat, et vérifiez la housse de votre table, dont les plis créent des obstacles au passage.
Comment localiser précisément le problème ?
Passez la pulpe de l’index sur la semelle froide et débranchée. Un film uniforme désigne un dépôt d’apprêts, une zone localisée une fibre fondue, un point sur un bord ou sur la pointe une rayure ou un éclat, et des plaques mates un revêtement qui se décolle. Les deux derniers cas ne se rattrapent pas.
Pourquoi cela accroche seulement à haute température ?
Soit un film très fin d’amidon ou d’apprêts reste imperceptible à froid et devient collant à chaud, soit le revêtement antiadhésif se dégrade avec l’âge. Un nettoyage complet et bien rincé tranche entre les deux : si le comportement à chaud persiste, il s’agit du revêtement, et aucun produit ne le restaure.
Le bruit du fer peut-il renseigner ?
Oui, et c’est un indice gratuit. Un chuintement régulier signale que tout va bien, un crissement sec que le tissu manque d’humidité, et un son de collé-décollé qu’un film couvre la semelle. Ce dernier précède de plusieurs semaines l’apparition des traces brunes sur le linge clair.
Un vêtement neuf peut-il faire accrocher le fer ?
Oui, et c’est très fréquent. Un vêtement sort d’usine chargé d’agents de finition qui rendent le tissu rêche sous la semelle et se déposent dessus au passage. Un premier lavage règle généralement la question, et tant que ces apprêts sont présents, aucun nettoyage du fer n’y changera quoi que ce soit.
La table peut-elle être en cause ?
Tout à fait, et c’est une piste rarement explorée. Une housse froissée forme des plis sur lesquels la semelle butte, un garnissage tassé laisse le tissu se déformer devant le fer, et une table instable absorbe la poussée. Retendre la housse prend dix secondes et résout souvent le problème.
Une semelle rayée peut-elle être réparée ?
Non. L’arête formée tire les fibres à chaque passage et ne disparaîtra pas. Sur de l’inox, un polissage très doux atténue l’aspect sans supprimer l’arête ; sur une céramique ou un antiadhésif, aucune intervention n’est possible. Une pattemouille permet de continuer à utiliser l’appareil sans marquer les vêtements.
Quand faut-il remplacer l’appareil ?
Quand le revêtement se décolle par plaques, quand une rayure franche marque le linge à chaque passage, ou quand l’accrochage à chaud persiste après un nettoyage complet et bien rincé. Avant cela, parcourez les six étapes du protocole : les trois premières sont gratuites et règlent une bonne moitié des situations.
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